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De la différence (ou pas) entre notre pédagogie, et le « unschooling ».

(en cours d’édition, merci de votre patience 🙂 )

Maman Vulpin en a lu des vertes et des pas mures, dernièrement, sur la pratique de la pédagogie appelée « unschooling ».

Oui mais, voilà, c’est « quoi » en fait, le « unschooling »? Un nom barbare pour dire que l’enfant n’est pas instruit, comme le crient certains sur les toits de l’IEF? Des gens qui vivent tout nus dans une grotte au fond des bois et qui ne veulent pas entendre parler de livre? Des gens qui me jetteraient des cailloux en apprenant que je « pervertis » les apprentissages autonomes parce que je « propose » des ateliers à ma puce? Brrrrr, mais ça fait super peur, en fait!

Bon, un seul moyen d’en avoir le cœur net : l’investigation… l’immersion en « terre hostile » (hahaha!)

J’ai donc rejoint un « petit » groupe (plus de 4000 personnes!) Facebook de « unschoolers ». Et j’ai osé : J’ai posé des questions! Et parfois même des questions délicates! Voici une petite synthèse de ce qui en est ressorti (merci aux participants, je peux être amenée à éditer cet article pour ajouter de nouvelles réponses si jamais on m’en apporte encore d’autres! Je suis désolée de ne pas pouvoir TOUS vous citer à terme).

Lors de mes stages Montessori, j’ai appris, entre autres, qu’il était extrêmement important que l’enfant soit acteur de ses apprentissages (même si on pose un cadre, en l’occurrence).
J’ai donc posé cette première question :
« On m’a appris à laisser l’enfant aller vers les apprentissages, au gré de ses envies et de ses « périodes sensibles », j’ai l’impression que c’est exactement ce qu’on fait quand on fait du « unschoooling »? »

J’obtiens de nombreux « oui »
J. me répond : « …et « période sensible » signifie envie manifestée par ma fille d’expérimenter ce « sujet, activité, thématique « … ».
W. me précise même : « L’enfant grandit, et ses besoins changent, évoluent, donc ses apprentissages aussi. Il est naturellement guidé par ce qui l’intéresse à ce moment, et apprend dans ce domaine avec enthousiasme et persévérance. Comme l’enfant qui apprend a marcher quand il l’a décidé, etc. »
Nathalie Fromant ajoute :  » les enfants apprennent au gré de leurs envies et de leur périodes sensibles. Je dirais que là tu as tout bon (en tout cas nous concernant) »
N. soulève un point intéressant : « c’est ça même si on doute souvent, car on pense parfois que ça n’avance pas »

Quoi? le parent « unschooling » se pose des questions, comme moi? Il se remet en question, comme moi? Il se fait parfois violence… comme moi? Et il tâche de faire confiance à son enfant et à sa soif d’apprendre… comme moi.
Ha! On commence bien alors, voilà des points communs!

Seconde question que je leur pose alors :
« En Montessori, on créé « une ambiance », un cadre propice aux apprentissages, on espère ainsi que les enfants vont s’intéresser à un certain nombre de choses. Je lis tout et son contraire concernant le « Unschooling ». Est-ce que vous aussi, il vous arrive de leur montrer des choses en espérant que ça va les intéresser? De leur préparer du matériel en espérant qu’ils vont vouloir le manipuler? De leur faire visiter un musée en espérant qu’il va s’ensuivre un intérêt et des recherches? »

C. nous répond : « Pour moi là on sort de la philosophie « unschooling », parce qu’on a des attentes sur l’enfant, et sur les apprentissages qu’il va faire.«  et de préciser : « Ici par exemple, j’ai proposé à ma 6 ans de faire un atelier sur les hiéroglyphes. La raison est la suivante: j’aime ce qui touche à l’Égypte ancienne, du coup j’ai vu cet atelier et me suis dis « génial, j’adorerais faire ça ! » Du coup je lui ai proposé, elle a dit oui, très enthousiaste. Supposons qu’elle ait dit non: OK. Ça ne change rien pour moi. On trouvera un autre sympa à faire. Si après l’atelier elle n’est pas satisfaite, n’accroche pas. Peu importe. Aucune attente. »

Cette précision m’a amené à poser la question suivante « Si j’ai bien compris la philosophie « unschooling » (je peux me tromper), rien n’interdit de proposer des apprentissages aux enfants, du moment qu’on n’insiste pas si l’enfant n’est pas intéressé? Certains croient que le « unschooling » signifie avoir un genre de tabou, qui consisterait à ne surtout pas, en aucune circonstances, influencer l’enfant… Mais à moins d’une isolation sociale et sensorielle à laquelle aucun être humain ne saurait survivre, j’ai du mal à imaginer? »

Emilie met le doigt sur la sémantique qui nous « oppose » : « En « unschooling » tu ne proposes pas d’apprentissages. Je pense que c’est le terme « apprentissage » qui ne colle pas ! Bien sur qu’on leur « propose  » des choses, des expériences, des sorties, des rencontres , des lectures … mais sans attendre ni vérifier un résultat.« 
Nathalie précise : « Je pense que l' »Unschooling » ne veut pas dire « néant » loin de là et je crois enfin avoir compris […] ce qui parfois engendre une incompréhension : c’est le terme apprentissage qui fait souvent référence à un terme plus scolaire, à un terme d’attente. Ne pas influencer l’enfant ce n’est pas possible, on influence obligatoirement parce qu’on est, on vit, on pense, on a des passions…. Nos enfants vont donc vivre, penser, apprendre avec nous et de nous. Ce qui me plait dans l’idée de « Unschooling » comme nous le vivons c’est que tout est apprentissage, tout est vie. L’apprentissage est la vie, l’apprentissage est un jeu et à aucun moment il n’est dissocié de la vie ou du jeu. Je ne sais pas si je suis très claire. En d’autres termes, chez nous, il n’y a pas celui qui sait, et celui qui ne sait pas, celui qui apprends et celui qui instruit, il y a des enfants qui posent des questions et des adultes qui mettent tous les outils possibles et imaginables pour répondre à ces questions. »

D’autres témoignent :
Sandra : « Oui je propose : des activités en club, de faire de la peinture, de l’argile, d’aller à la biblio… Je leur montre des trucs que je trouve sympa ».
W.  : « La vie et son quotidien sont des stimulations permanentes, et de mon cote, en plus de notre environnement, j’ouvre a mes passions / intérêts. Mais aussi en faisant l’effort d’ouvrir sur d’autres mondes qui m’intéressent peu, ou que je ne connais pas. Pas de volonté de saturer de stimulations, mais d’offrir des découvertes, et leur permettre d’approfondir s’ils le souhaitent »
Nathalie  : « Ici on propose, une sortie, un musée, une activité, un film, un reportage … mais on n’attend rien. Je me suis beaucoup remise en question par rapport à ça, et ai connu des déceptions personnelles. […] Quand Gwenaël (qui aujourd’hui a 9 ans ) est entré dans sa période sensible (« c’est écrit quoi là », « c’est quoi ce mot là et là et là »… j’ai proposé les lettres rugueuses. Il a adoré sauf que : pas d’écriture en vue, pas d’alphabet mobile à la suite ou à peine. Il a très vite compris que  » p » et « a » « pa » et que donc pour écrire papa on écrivait papa. Cela lui a suffit et répondait à ses besoins du moment. […] Ce que je sais c’est qu’aujourd’hui il a 9 ans, comprend tout ce qu’il lit et peut passer des heures voir des journées à lire le journal de Mickey (sa passion depuis 2 ans). Quant au 2ème (7 ans) pas envie de lecture pour l’instant. Et je ne m’inquiète pas. Hier, j’ai surpris son frère en train de lui apprendre à lire car il en avait marre de lire à sa place. J’ai filmé la scène tellement j’ai trouvé ça émouvant et tu sais quoi Gwénaël nous a dit  » Et bien en fait Ewen il sait lire, c’est juste qu’il ne veut pas ». Tout ça pour dire que le plus dur a été de lâcher prise. De Montessori j’ai gardé le matériel, lequel est à disposition au même titre qu’un stylo, un jeu de société, une feuille, un livre, un jeu vidéo ou je ne sais quoi encore, mais je n’attends plus rien, et si une proposition fait « flop » ça ne me touche plus, et on proposera d’autres choses. »
R. :  » Oui on propose, mais comme on propose de partager ses envies a notre compagnon, a des amis: pour le plaisir de partager quelque chose qu’on aime, pas dans le but de faire apprendre quelque chose. […] Parfois on se découvre un nouvel intérêt, mais souvent c’est juste pour le plaisir de faire ensemble, de participer à la joie de l’autre, et on va pas en faire un intérêt / apprentissage perso. Et c’est ok! Proposer, pour enrichir la relation, pour un chouette moment ensemble, et pas dans un but pédagogique, c’est une énorme différence. »
Nairo : « Ici, je propose des sorties oui, pour intéresser (elle est petite, je pense que pour intéresser, il faut faire découvrir). Si elle accroche, on est susceptible d’y retourner, sinon on n’insiste pas. Pour les activités, souvent, elle me demande « je veux faire ça » donc je lui sors le matériel. Elle découvre aussi des choses chez les copains qu’on fait/refait à la maison. »

A. utilise une image qui me parle : « Pour moi « unschoo », c’est offrir un grand banquet d’idées, de possibles. Ensuite libre à l’enfant de choisir ce qu’il veut déguster, s’il veut se resservir, prendre de l’eau ou du jus de pomme. Et en tant que parent-restaurateur on peut proposer la suggestion du jour et la carte. In fine c’est le gourmet qui fait son choix ».

C’est donc ça : En effet, si on crée une ambiance, en Montessori, c’est qu’on a certes quelques espoirs et attentes. Si mon enfant n’a pas d’appétence pour une « matière » je tenterai une autre approche (parce que mon approche est inadaptée à mon enfant, de toute évidence) mais je tenterai! J’ai un « but », même s’il ne fait pas tout, loin s’en faut. Appelons plus ça « un cadre » auquel j’ai choisi de me référer sans m’y enferrer. D’un autre côté, on reconnaît que chaque enfant est unique, et on se veut de ne surtout pas le limiter s’il désire approfondir un sujet (sinon je ne ferais pas l’IEF)… Et puis également, pas d’apprentissage sans plaisir (pour ma fille comme pour moi, car on passe aussi d’excellents moments ensemble de partage quand elle apprend -ou pas-)! Donc finalement, la différence est là, mais ténue.
Je crois que je met le doigt dessus : Les attentes : le « unschooler » n’attend pas un résultat, n’espère pas atteindre un « niveau » quelconque dans quoi que ce soit. Cela n’empêche pas l' »excellence », bien au contraire (on sait tous ce que donnent les expériences scientifiques menées sur le fait de « noter » ou non des élèves, ou de porter sur leurs performances un jugement quelconque…). Mais alors? Ha ben oui là, en fait, c’est presque pareil, sans tout à fait être pareil!

Continuons nos investigations dans ce monde -pas si- étrange du « unschooling », allez, j’ose « la » question qui fâche (en tout cas, qui semble fâcher surtout ceux qui me disent que le « unschooling » c’est le début de la fin de la culture, de la connaissance, et surtout de l’alphabétisation…). J’inspire un grand coup, je prends mon courage à deux mains, et je demande : « En Montessori, on pense qu’il y a (en moyenne, chaque enfant diffère!) une « période sensible » pour la lecture, et qu’elle est très précoce. La principale chose que j’entends dire des détracteurs du « unshcooling » c’est que les enfants « trop souvent » ne savent pas lire ou alors… très très tard! Vers quel âge lit un enfant en moyenne en « unscho »? Devient-il « malgré tout » un « grand lecteur »? »

C. est la première à me répondre (ouf, on dirait bien que je vais survivre bien qu’ayant posé LA question!) : « Aucune idée. je peux juste parler de mes enfants. Presque 6 ans commence à très bien déchiffrer. Elle se fait vraiment plaisir, on voit qu’elle est très heureuse. 3ans 1/2 commence à bien déchiffrer aussi »
Emilie enchaîne : « Mon 7ans scolarisé en PS et MS, lit de façon non fluide, il n’aime pas lire de livres pour l’instant. Il va lire des affiches ou choses qui auront un intérêt pour lui. Mon 4ans commence à déchiffrer et dit clairement qu’il a envie de lire. »
S. constate : « Mon garçon n’a que 2,5 ans et ne s’intéressait pas plus que ça aux lettres rugueuses et un peu aux livres mais depuis plusieurs semaines il aime suivre avec le doigt dans les livres et fais comme s’il lisait. Maintenant il me demande régulièrement de lui lire des panneaux, des affiches… il me semble effectivement qu’il y a une période sensible très tôt pour la lecture et qu’il faut saisir le moment. Il se passe un peu la même chose pour l’écriture et les chiffres.« 
Nathalie me répond : « Gwenaël, 9 ans est devenu un grand lecteur et Ewen (7 ans ) n’a pas envie. » (« quoi que », oserai-je dire, en lisant son témoignage ci-dessus sur le sujet!)
R. témoigne à son tour : « Mon second, 8 ans, a eu une grande phase « passion des lettres » vers 3-4 ans.[…] Il n’y avait de sa part aucune envie de lecture, mais une envie de reconnaitre/nommer, bien compréhensible avec la maîtrise de plus en plus approfondie du langage. Et je pense que ça, cette envie de pouvoir nommer chaque lettre, et souvent prise par les adultes pour une envie de lire, sauf que en brûlant les étapes et en poussant à lire à ce moment, on risque de faire le contraire. Bref, il savait nommer chaque lettre à 4ans, puis il est passé à d’autres choses[…] Il a voulu apprendre à lire quelque part autour de 7 ans, et il est passé en 3 semaines de sa connaissance de l’alphabet qu’il n’avait plus modifiée depuis ses 4 ans, à la lecture fluide (y compris les noms des dinosaures ^^) … maintenant à 8 ans il lit des romans « Minecraft » par exemple de quelques 100aines de pages, donc je crois qu’on peut dire qu’ il aime lire… Mon troisième à 5,5ans, il maîtrise l’alphabet depuis des lustres, a compris la combinatoire etc, mais pareil, ça c’est pas encore l’envie de lire. » « Il me semble que Steiner par exemple, c’est aucun contact avec l’ écrit avant 6-7 ans? Et la lecture vers 9? Entre lui et Montessori il y a plein d’autres théories encore. Mais en unschooling on ne suit pas l’avis théorique d’un adulte, mais la vie pratique concrète d’un enfant »
Nairo : « Ici, on a loupé le coche je crois. Elle commençait à s’y intéresser un peu avant ses 3 ans et elle a laissé tombé. On n’insiste pas. De temps en temps, je lui propose une activité en lien avec la lecture mais je n’insiste pas si elle ne le veut pas. »

Donc, en « uschooling », on apprend à lire quand on en ressent le besoin (et ça finit forcément par arriver). V. à 6ans et demi, 4 et 7 ans pour Emilie, Sandra attend encore que son « 7ans » ait envie d’apprendre bien qu’il s’intéresse déjà aux livres, Augustine répond aux demandes de sa fille de 3ans et 3mois…

Continuons sur la lancée : « et le fameux « formel » dans tout ça? Vous arrive-t-il d’utiliser des manuels? Du matériel (Montessori par exemple, oui, je suis de parti pris)? D’utiliser des fiches, des cahiers? Ou bien est-ce que vous vivez tous tout nus dans des grottes au fond des bois (j’exagère un peu, mais parfois, quand on lit certaines idées reçues… on croirait un peu ça!)? »

Emilie utilise « des exercices papier crayons ! Mon 7tans a appris les soustractions comme ça , direct 3 chiffres, il voulait calculer combien il lui resterait d’argent en achetant son « lego » […] après il m’a demandé plein  » d’exercices » pendant plusieurs jours, depuis plus rien ! »
R ajoute : « Des apprentissages, les humains en font d’office et tout le temps. Nous on propose plein de choses, et eux demandent plein de choses, mais ce n’est pas dans le but de leur faire apprendre tel ou telle chose, mais juste de nourrir leur vie, cerveau, cœur, corps, pensée, imagination, et notre relation! L’année passée pendant un mois ils m’ont fait imprimer quotidiennement des tonnes de feuilles et fiches d’activité. Ce que je faisais, pas pour qu’ils y apprennent quelque chose, mais parce que ça les amusait, et du coup les nourrissait énormément. Puis un jour ça a été fini, et c’est ok aussi. »
Emilie m’explique que  » « Unscho » ne veux pas dire pas de formel, ou pas d’apprentissages ! Par exemple on vit depuis 2 ans dans un pays anglophone, 7tans se débrouille sans avoir pris de cours, et là il a des copains anglais donc se retrouve un peu limité, il a demandé a prendre des cours ( formel donc ). Pour l’orthographe il a demandé à apprendre à écrire correctement les mots ( pour l’instant écrit en phonologie), donc on a acheté un cahier de l’école des loisirs qui lui plaisait et il le fait. » « Et non on ne vit pas dans une grotte !!! Personnellement j’aime bien la collection Balthazar dont on a quelques livres, et pour 7tans on avait utilisé les alphas ( mais sans suivre la méthode à la lettre). « Unscho » ne veut pas dire enfant séquestré, sauvage … au contraire c’est leur ouvrir le champs des possibles, le pouvoir de se construire eux ! »
W. me répond : « Si l’enfant aime et est intéressé bien sur! On a plein de cahiers d’activités avec soupes de lettres, sudoku, exercices en tout genre Ils adorent! Ma fille me demande souvent de lui écrire une phrase en cursive a recopier, mon fils n’arrête pas de me demander des exercices de calcul mental ou pose. Ils aiment, se sentent progresser, ça répond aux attentes du moment ce serait dommage de passer a côté sous prétexte que c’est formel . Je crois que notre force est par contre de valoriser autant ces acquis que n’importe quelle activité non académique qui contribue a leur épanouissement »
S. me raconte : « J’ai commencé par lui proposer du matériel Montessori avant de découvrir le unschooling. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que le matériel l’intéressait peu et qu’il préférait tester en réel. Par exemple je voulais lui faire les cadres d’habillage et j’ai réalisé qu’il apprenait bien mieux en fermant ma ceinture, puis la sienne, ma fermeture éclair puis la sienne etc… on lui a fabriqué les cadres serrures, il a préféré les portes et les clés de la maison. Par contre cela demande d’être plus disponible. »
Nathalie ajoute : « Je pense avoir répondu précédemment : puisque pour nous « Unschooling » signifie que tout est « apprentissage » « tout est vie  » « tout est jeu », n’importe quel outils peut-être utilisé si l’enfant y est sensible. Euh sinon, oui mon 2ème vivrait bien tout nu dans une grotte mais attention, tous les naturistes ne sont pas des « Unscho »
Mince alors! Un mythe qui s’effondre… Bon, je vais vite vite me rhabiller avant qu’un agent ne m’arrête!
A. raconte : « Après 3 mois en unscooling mon fils de 13 ans a voulu un manuel du programme de 4 eme (exo + leçon + corrigés), un tableau blanc et un bureau, il se fait ses cours lui même et il se régale … ».
R. d’ajouter : « Comme pour la question précédente, la différence est vraiment au niveau des apprentissages désirés par le parent pour l’enfant. C’est cette notion de vouloir faire apprendre qui est absente dans le unschooling. On peut utiliser tout ce qu’ on veut, là n’est pas la question, la question c’est POURQUOI on l’utilise. Je vais donner une fiche d’ activité bien formelle à mon enfant si il la demande, si ça nous amuse de faire ça ensemble, si j’ai envie de lui montrer quelque chose que j’aime faire. Mais je ne vais pas le faire pour lui apprendre quelque chose. C’est vraiment là une différence fondamentale du unschooling par rapport aux pédagogies , dans cette attitude de partage et dans l’absence de volonté de faire faire tel ou tel apprentissage, dans l’absence d’attentes liées à ça. En ce sens, l’unschooling n’est pas une pédagogie « 
Nairo : « Moi, clairement, je propose des choses mais ça ne s’apparente pas à du formel (même si elle est un peu petite pour ça). Mais si un jour elle veut faire des dictées, on en fera. »
N : « ici plein de choses a disposition certains dirait que je suis plutôt en informel qu en « unscho », mais tout est a porté de main, cahier livre jeu éducatif ou non dvd tablette…. et pareil si ça ne marche pas tant pis pas grave »

Moralité : les « supports » quels qu’ils soient, sont des outils comme les autres! Bon ben ça c’est un scoop qui valait bien une enquête « à haut risque »! 😀

Impossible de conclure un article qui traite des pratiques de l’IEF sans poser cette ultime question : « Et la SO-CIA-LI-SA-TION dans tout ça? »

J’avoue, sur ce coup là, connaissant parfaitement la réponse pour avoir régulièrement moi-même encore besoin de m’en justifier (demande-t-on aux parents choisissant la scolarisation de se justifier sur un ton accusateur de tout ce qu’ils font subir à leur « pauvre enfant »? Ou « les risques » qu’ils lui font courir? et pourtant, la presse se fait presque tout les jours l’écho d’une histoire qui a mal fini à l’école…) je rigole toute seule en attendant les réponses qui ne tardent pas d’arriver! Je sors donc le pop-corn, et vous livre les réponses! Enjoy!

Emilie : « Le sujet qui inquiète tant !!! Écoute mes enfants ont des activités sportives, ont fait partie d’un groupe homeschoolers ( pratiques anglophones variées ) on se retrouve 2fois par semaine plus des sorties sympas ! Mes enfants ont effectivement moins de copains de leur âge que ceux qui vont à l’école mais partout où l’on va ( on voyage pas mal ) ils se font des copains de tous âges. Les gens sont souvent étonné par leur capacité à converser avec (mais tous les adultes ne sont pas ouvert à ça non plus ). Ils aiment vivre de nouvelles expériences, découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles personnes … Ils sont avec nous où qu’on aille et nous n’avons aucun soucis de comportement. ».
C. : « Pour nous c’est pareil. Notre fils a 5ans il fait du sport de la musique et nous avons aussi les rencontres avec les familles unscho ou ief. Nous l’emmenons partout avec nous et ça depuis qu’il est né. Il a l’habitude, discute avec tout le monde et profite des savoirs de tout le monde. C’est une grande richesse. Il n’a pas de problème pour aller vers les autres. Je pense pouvoir dire qu’il est heureux et épanoui. »

Sandra : « Idem ici. Ils aiment vivre de nouvelles expériences, découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles personnes … Ils sont avec nous où qu’on aille et nous n’avons aucun soucis de comportement. « 
W.  : « Laquelle? Celle avec les personnes avec lesquelles on interagit tout au long de la journée (la caissière, l’artisan qui construit un cadre devant nous, le chauffeur de tuktuk, les gamins sur le bord de la rivière qui viennent se joindre spontanément aux jeux de mes enfants quand Ils ont un ballon ou une corde a sauter même s’ils ne parlent pas la même langue, les touristes des quatre coins du monde, les familles qui vivent dans la rue, la vieille femme qui fabrique des sucettes aux formes incroyables, et tous les autres qui vivent et travaillent près de nous) ou le fait d’être enfermés 8 heures par jour dans un espace saturé de gamins ou le maître dicte les comportements dans les classes et les laissent ensuite livres a eux-mêmes dans la cour devenue la jungle?« 
S. : « C’était ma crainte et c’est toujours celle de certains proches. Lorsque je vois mon petit bonhomme évoluer au contact des autres, adultes et enfants, je me dis que c’est plutôt les enfants qui vont à l’école qui ont un problème de sociabilisation… nous allons dans les ludothèques et nous allons participer à des rencontres familles ief et j’espère unschooling. Nous ferons également des activités au fur et à mesure de ses découvertes.
Nathalie : « Puisque le « Unschooling » ce n’est pas vivre reclus mais vivre je ne vois pas comment la question peut se poser. Faire du « Unschooling » c’est plutôt allers vers le monde et non pas vivre terrés dans une pièce donc … »
N : « sport centre aéré copain de l’ief famille, anniversaires vacances sorites , mes enfants sont plus sociable et sociabiliser depuis que le fait l’ief »
R : « Hihi même au fond d’une grotte, si on est pas tout seul, on se socialise. Y a pas moyen pour un être humain de ne pas le faire, ça se fait d’office. Après, il y a plein de formes de socialisations comme il y a plein de formes de sociétés humaines, avec leur codes et normes propres… ne pas avoir de socialisation scolaire ne veut pas dire ne pas en avoir du tout »
A. : « Sans compter que vous trouvez, vous, que l’école sociabilise? Pour moi, la plupart des écoles permettent tout au plus d’avoir des contacts. Pour moi, sociabiliser signifie plutôt apprendre à régler des conflits, savoir se mettre d’accord sur une question/un projet, avoir l’esprit d’équipe. L’école apprend aux enfants à jouer des coudes. Ils ont à peine le droit d’échanger entre eux, car l’enseignant parle et ils doivent écouter. Pour moi, ce n’est pas l’école qui apprend à savoir vivre en société.« 
V. : « Allez, je donne mon avis d’homme lol : Pour moi, la socialisation, comme beaucoup d’autres aptitudes, ne s’apprend pas, ou si peu…
Je suis allé à l’école de mes 3 ans à mes 21 ans, ce qui est énorme quand j’y repense! Et pourtant je suis vraiment nul pour tout ce qui touche à la vie en société, les règles, le groupe, les codes. Pas pour moi tout ça! Ce n’est que grâce à la musique, que je pratique depuis toujours, que j’ai pu me faire 2 ou 3 amis, que j’ai déjà perdus d’ailleurs! Voilà, on peut être sous-doué dans certains domaines, et sur-doué dans d’autres, et il n’y a pas grand chose à faire finalement. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi le unschooling pour mon petit dernier (bientôt 15 ans) Il n’a jamais mis les pieds à l’école, ne fait quasiment que de la musique, quelle coïncidence! Et il ne court pas après les relations avec les autres. Et il a bien le droit! Non mais! »

J. me livre un témoignage qui fera magnifiquement office de conclusion à mon enquête : « Je souhaite ajouter une précision très importante à mes yeux : Une maman a dit l’unschooling c’est une « hyper-adaptation » à la vie et je suis 100% d’accord!! La vie est apprentissage en tout ( on ne peut pas ne pas apprendre), par contre on peut ne pas apprendre « ce qui a été prévu »… Donc en unschooling on « travaille » (surtout les adultes et c’est qu’on appelle la déscolarisation, la libération des schémas et conditionnements scolaires) à accueillir et à appréhender chaque situation de vie comme un apprentissage , il n’y a pas de cloisonnement travail/jeu/vie quotidienne/loisirs…. Du coup, on travaille tout le temps, et on joue tout le temps!!
Les enfants s’enthousiasment de ce qui les animent et les parents les accompagnent ( en soutenant, en proposant, en laissant faire, en faisant avec …) . Le unschooling c’est aussi accepter ce que l’enfant choisit MÊME si cela semble dénué d’apprentissage à l’adulte ( et c’est souvent source de beaucoup de discussions sur les groupes unscho, pour « soulager » les inquiétudes des parents et partager les expériences). Pour ma part le unschooling est un mode de vie et celle qui en parle le mieux est Sandra Dodd. »
Emilie complète : « Beaucoup de gens pensent que c’est facile la vie unscho, qu’on se la coule douce et que nos enfants sont livrés à eux même !!! C’est un enooooormeeeee travail psychologique pour les parents ( plus ou moins selon le chemin de chacun ), mais c’est une vraie philosophie de vie, qu’on s’applique à soi aussi ( quoi? on apprend des trucs quand on est adulte ? Donc en dehors de l’école ?) . Mais je conçois tout à fait que ça ne convienne pas à tout le monde ! Le plus important c’est que chacun puisse trouver son équilibre . Il n’y a pas de meilleure  » méthode  » que celle qui nous convient ! »

Voilà comment naquit une toute nouvelle rubrique dans mon blog, qui j’espère connaîtra bien d’autres articles sur toute la diversité des choix pédagogiques en IEF : « Voyage autour des IEFs ». Aujourd’hui, c’était : « le unschooling ».

Et nous dans tout ça? Je ne pense pas que nous soyons encore prêts à « faire le grand saut », nous ressentons encore le besoin de nous imposer (à nous, parents, surtout) un cadre, une ligne directrice. J’ai par contre appris à « lâcher prise » au contact de « unschoolers » et cela a déjà porté ses fruits : j’avais un peu trop le chronomètre en tête (« et là elle devrait déjà faire ça ou ci, ho là là on prend du retard ou bien? »), maintenant je l’oublie, et je vois une véritable « explosion » d’intérêts divers et variés chez petite graine, une soif d’apprendre qui semble infinie…

Merci à tout ceux qui ont participé, à Nathalie Fromant, à Sandra et son blog, Emilie et sa page FB  (et merci pour la photo d’illustration!), S. et sa page FB, et tous les autres! Ceux que j’ajouterai à mesure (car les réponses continuent d’affluer) et ceux que je ne pourrai pas citer (parce que mon article est déjà très long, désolée!). Merci à tous du fond du cœur (et merci pour votre accueil)!

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