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Montessori et les Alphas

Je classe cet article dans « 3-6 ans » ET « 6-12 ans », même si généralement les Alphas sont destinés aux plus jeunes, certains enfants de six ans et plus peuvent encore y trouver leur compte, en fonction du moment où le « déclic » se fait.

Voici l’histoire de la rencontre des Alphas et de la méthode Montessori, telle que nous l’avons vécue.

Cette année, force était de constater que le déclic de la lecture ne voulait pas se faire… J’ai donc décidé de changer d’approche.

D’abord peu convaincue par les « Alphas » (je les avais vu de loin sans connaître la méthode, et soyons honnête, je n’avais pas du tout été tentée… ), j’ai décidé de tenter le coup, n’ayant pas grand chose à perdre à essayer. Je me suis procuré le coffret.

J’ai lu le livret explicatif, et j’ai lancé le DVD pour le regarder avec petite graine. Pour commencer, j’ai trouvé ça laid et surtout super mal animé, j’ai eu très peur d’avoir jeté mon argent par la fenêtre… mais petite graine a été hyper réceptive, a même eu peur des bêtas (et j’ai du la cacher dans mon dos!), et était A FOND dans l’histoire… Et là, nous concernant (je précise, car chaque enfant est unique et certains n’accrocheront pas, sans doute!), ça a été magique : les 26 sons principaux des lettres emmagasinés en moins de deux, des règles telles que « le s se prononce z quand il est seul entre deux voyelles » spontanément retenues grâce à de petites histoires attenantes, aussi appelés « secrets des Alphas » et ce sans avoir spécialement insisté.

Nous avons alors apprivoisé les sons : quelques jeux phonétiques faits à coup de « formule magique pour renvoyer un alpha chez lui », quelques fiches trouvées à l’école de Crevette les maîtresses au tableau et Ipotâme…tâme (elles ont vite été adoptées, contrairement aux fiches classiques de phonétique « colorie quand tu entends… » pour la bonne raison que Petite Graine n’aime pas colorier, alors qu’elle adore faire des collages… et pour les rares « colorie » j’ai opté pour le surligneur fluo à la place des crayons)

Ensuite, j’ai étoffé ma collection d’Alphas en nous offrant l’ardoise effaçable et ses magnets, ainsi que les histoires « la transformation des Alphas » permettant la transition vers l’écriture scripte, puis cursive, et enfin, le jeu de cartes (memory ou mistigri sous fond de reconnaissance des différentes graphies). Comme nous manquions d’Alphas pour constituer un alphabet mobile digne de ce nom, j’ai aussi imprimé et plastifié des alphas supplémentaires.

Partagé par « la classe de Sanléane« , voici un dossier sur « drive » comprenant fiches, et alphas à imprimer (plastifier si vous pouvez) et découper. En parcourant son blog très riche, vous pouvez aussi trouver des fiches, des jeux…

Les alphas magnétiques (et le complément imprimé) ont permis dans un premier temps d’attaquer plus sereinement, et avec plaisir, la série rose Montessori (avant, succès très modéré, et j’avais laissé de côté car je ne voulais pas que ça se transforme en corvée). Puis, rapidement, nous faisions les deux : version alpha, et version « alphas nus » (alphabet mobile). Mes séries roses sont celles de la Boutique Document Montessori et de Montessori et Cie

Forte du succès de la méthode, j’ai enrichi les affichages qui se trouvent à la disposition de Petite Graine :

Un affichage qui inclue Alphas, code couleur consonne/voyelle (même si, dommage, il est l’inverse du nôtre), lignage spécial Dys, Script, Cursif… chez « les clés de ma classe« . La classe de Sanléane en propose aussi, mêlant là encore code couleur Montessori et Alphas (là encore la version où les voyelles sont rouges et les consonnes bleues, dommage pour nous qui avons un alphabet mobile à l’inverse… heureusement, de ce côté là ça ne perturbe pas trop Petite Graine, qui s’adapte très facilement).

Des affichages rappelant les principales règles orthographiques en reprenant les petites histoires des Alphas, trouvés dans « la classe de Sanléane » et les sons complexes d’ « Alice en Ulis » (vous avez aussi une version des sons complexes chez Sanléane, vous avez l’embarras du choix!)

Je précise que nous avons commencé par le « script » par choix (à l’inverse de ce qui se fait dans nombre de « maternelles »), le script étant omniprésent autour de nous, autant commencer par ce qui se lit le plus dans notre environnement! Du coup, mon alphabet mobile Montessori est en script.
Forcément, si vous commencez par le « cursif », la compatibilité avec les « Alphas » sera un peu plus compromise, car elle devra passer par un double apprentissage : script (alphas nus) puis cursif (alphas déguisés), avant de pouvoir enfin « écrire » avec un alphabet mobile cursif… Ceci dit si vous regrettez votre achat d’un alphabet mobile en cursif car vous songez à finalement vous tourner vers les Alphas, sachez que l’on trouve sur internet de nombreux alphabets mobiles en script imprimables, pour ceux qui voudraient les utiliser de manière transitoire le temps que les cursifs soient bien identifiés et puissent les remplacer…

Personnellement, bien que le cursif ne soit absolument pas une obligation en IEF (la maîtrise du cursif n’est pas dans le socle commun : c’est de l’ordre de la liberté de choix pédagogique…), il fait partie (justement) de nos choix pédagogiques : nous préférons que Petite Graine sache le lire, voire l’écrire (je trouve ça plus fluide en ce qui me concerne, ceci dit chacun écrit comme il préfère, l’usage du script est plus que répandu dans le monde… Ma propre écriture est un mélange des deux graphies au final!)

Une fois que nous avons attaqué la série bleue, nous avons laissé les Alphas de côté (à part pour les « secrets » et autres petites histoires mnémotechniques). Ma série bleue est celle de la boutique Document Montessori. Petite Graine a d’ailleurs noté que l’un des premiers mots choisi est justement une exception (et a de fait découvert que notre belle langue est remplie de « sauf »… ) : « parasol » avec son « s » isolé entre deux voyelles, mais qui ne se prononce pas « z »…

A présent, nous en sommes à la série verte, nouveau son après nouveau son, tout en avançant dans la lecture de fiches plus « scolaires » de Lilipomme que petite graine aime bien (je tâche juste de ne pas griller les étapes en m’arrêtant quand je vois qu’on aborde un phonème non encore étudié avec la série verte…).

A mesure qu’elle maîtrise un nouveau son, nous lisons des livres adaptés (les « coffrets premières lectures Montessori de Nathan, niveau 1 : mots phonétiques, niveau 2 : un phonème à la fois…). Après chaque histoire, il y a un petit temps de « compréhension de texte » sous forme d’échange entre nous, où je lui pose des questions pour résumer l’histoire (Qui a fait ça? Qu’est ce que Tom a fait? Qu’ont-ils mangé? etc… Merci à « la maîtresse part en live » que l’on aime bien regarder ces temps-ci, et qui le fait après chaque histoire : du coup, on a pris le pli!).

Les lettres et fiches viennent du drive de la Maitresse part en live 😉

Parallèlement, nous travaillons la reconnaissance du cursif, maintenant que le script est bien maîtrisé (et petite graine a à sa disposition, en plus des affichages, des mémo-fiches lui permettant de retrouver la bonne lettre si besoin).

Côté écriture, nous sommes ici en léger décalage : si nous avançons bien avec l’alphabet mobile et en lecture, le geste d’écriture en lui-même est encore balbutiant. Comme les tentatives sur des pages « Séyès » standard ont été source de gros trac, nous avons abandonné cette idée pour le moment, repris le plateau de sable et les formes à dessin, et adopté les versions « effaçables », moins stressantes ici en cas d’échec : « Ma petite méthode de graphisme » de la série « Boscher », ardoise lignée, modèle d’alphabet en cursif, mots de la série verte (là encore, je les ai achetés à la boutique Document Montessori, et cette fois, j’ai commandé la version cursive, j’ai plastifié les modèles afin qu’elle puisse réécrire dessus avec les feutres effaçables…).

Voilà pour notre aventure « Montessori en compagnie des Alphas »!