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La liberté, oui, mais pas « trop »…

Attention, gros pavé, quand maman Vulpin s’énerve, ce n’est pas souvent, mais ce n’est jamais à moitié!

Il y a peut-être encore du monde pour ignorer que les écoles « libres » (hors contrat avec l’EN) et l’IEF sont sous le feu des projecteurs de notre chère ministre de l’Éducation Nationale… Bon ben maintenant vous le savez! Nouveau décret et nouvelle circulaire (et en passant petit pied de nez à la démocratie, mais ces temps-ci en sommes-nous vraiment à ça près?), histoire de « clarifier les choses » (comprendre : « faire en sorte que les familles ne puissent plus faire valoir la loi, en changeant la loi, ou plutôt non justement en faisant des décrets hors la loi, parce que ces familles commençaient à trop bien savoir faire valoir leurs droits en gagnant procédure sur procédure, en osant exiger que les inspecteurs inspectent l’instruction et non l’enfant, les moyens et non les résultats, bref qu’ils fassent bien leur travail, ils sont pénibles ces gens à la fin! Et puis en passant, qu’ils puissent ouvrir une école « trop » facilement, trop librement, c’est agaçant! »).

La liberté, c’est mal, dans ce pays…

Diogène nous a fait du grand art, petit résumé des festivités, par ici!

Les raisons? Ho seigneur! Une « inquiétude » devant le nombre galopant de familles (oh mon Dieu on en est à 0,3% des enfants en âge d’être scolarisés pour l’IEF! Là où certains voisins sont à plus de 3%…), en constante augmentation, qui préfère tourner le dos à la sacro-sainte institution… et puis aussi pourquoi pas, excuse facile s’il en est ces temps-ci, la lutte contre la « radicalisation » (pratique, l’épouvantail fourre-tout qu’il suffit de brandir pour passer n’importe quelle loi liberticide ces temps-ci, en « oubliant » qu’on a déjà tout l’arsenal nécessaire pour agir si jamais il y avait une telle dérive!).

Bien entendu, hors de question, pour eux, de seulement imaginer qu’ils s’agisse là pour certains parents de s’inquiéter du score PISA en berne de notre beau pays, ou encore des presque 20% d’illettrés produits par l’école publique chaque année. Ou encore pas question pour eux de se remettre en question, quand des initiatives d’oser changer les choses en bien sont balayées de la main, par une institution dont la force d’inertie, si l’on pouvait la convertir pour s’en servir, pourrait régler pas mal de problèmes énergétiques dans le Monde (oui bon j’exagère, un peu, mais si peu…).

Non ce n’est pas la faute de l’école si des gens n’en veulent pas, la quittent (parfois après une histoire très difficile pour ne pas dire ubuesque). Il est également inconcevable que certains puissent tout simplement VOULOIR faire un autre choix, mener une autre vie, choisir un autre mode d’instruction que l’école et sa sacro-sainte « sociabilisation » : des barrières et barreaux, des horaires pour tout y compris satisfaire ses propres besoins naturels, un cloisonnement entre enfants strictement du même âge, qu’on enferme 8h/jour sous l’autorité unique d’un seul adulte qu’ils soit bienveillant… ou pas, qui doivent rester assis au même bureau, qui doivent se fréquenter qu’ils s’aiment ou se haïssent, et même si une relation est toxique… Opacité pour les parents qui bien souvent ignorent tout des problèmes avant que cela ne tourne au drame. Depuis quand est-ce devenu la « normalité », la « vraie vie »?

D’ailleurs, toi, lecteur incrédule, qui pense que j’exagère un peu (un indice : je l’ai parfaitement assumé, et depuis toujours!), et qui pense que sans école point de salut, que nos enfants seront des « sauvages », réfléchis un peu à ce que fût ton enfance, si tu as eu la « chance » de connaître les bancs de l’école, et reviens me dire qu’à aucun moment tu n’as entendu : « Non ça c’est hors sujet! Revenons au cours » ou encore « Vous verrez ça l’an prochain! » lorsque tu as eu l’outrecuidance d’oser poser une question! Combien de connaissances potentielles, de passions, de vocations ainsi balayées, par manque de temps, que ce soit en classe, au prof trop occupé à courir après un « programme » qu’il sait d’ors et déjà qu’il ne bouclera pas (lui! Parce que le parent IEF, lui, doit être irréprochable, et son enfant un puit de science!), ou pour aller ouvrir un livre le soir, les devoirs enfin terminés à pas moins de 21h… Et puis l’an suivant, combien de fois finalement la question a-t-elle réellement été soulevée? Et quand bien même, un an plus tard, tu t’en foutais royalement! N’as-tu jamais tué le temps en regardant à la fenêtre, en détaillant les fissures dans le mur, ou en établissant un record discret d’apnée en regardant ta montre? (perso : 1min30… ). Combien d’heures ainsi perdues sur une enfance déjà trop courte? N’as-tu jamais eu la boule au ventre avant d’aller en classe? N’as-tu jamais eu peur d’un de tes profs, tout en étant obligé d’aller tous les jours que Dieu fait te mettre sous son autorité absolue? (mention spéciale au phallocrate de seconde à qui je dois mon premier ulcère… je vous laisse imaginer qu’on peut difficilement suivre un cours tout en essayant de réinventer les lois qui régissent notre univers pour parvenir à devenir invisible). Quel est le message qu’on transmet? « Subis ton patron jusqu’au suicide au lieu d’oser l’ouvrir »?, « Celui qui commande peut écraser les autres »? « Le fort écrase le faible »?. Message hélas très bien reçu par certains au vu de certaines actualités. Quand aux « sauvages » parlons en! Qui n’a pas été la victime d’une petite brute dans la cour de récré? (ou qui, aujourd’hui, ne rougit pas en songeant à la fois où il/elle a participé à la curée…) Vous savez ces « histoires d’enfants » sans importance, que le personnel balaie de la main sans même parfois songer à en parler aux parents, et qui vous pourrissent une année, une vie…
Si c’est ça la « vraie vie », hé bien ce n’est pas celle là que je veux pour mon enfant. Combien de profs psychopathes ou « juste » pervers narcissiques (n’ayons pas peur des mots) indéboulonnables parce que « titulaires », combien de bons profs qui s’en vont, écœurés, parfois par leur hiérarchie, parfois pas leurs propres collègues, parfois les deux? Les profs les premiers disent que l’instruction à l’école est inadaptée, destructrice et cruelle…

Je mettrai mon enfant à l’école publique en France le jour où les parents auront un vrai droit de regard, où il n’y aura plus d’omerta en cas de faits graves, où l’on dénoncera à la justice les faits de harcèlement, de torture ou de viol, au lieu de les muter dans une autre école, où les bons profs seront récompensés et les « méthodes qui marchent » encouragées, la liberté pédagogique réelle et adaptée aux enfants, et les mauvais profs écartés, le jour où les horaires tiendront compte du fait qu’il s’agit d’enfants!

Oui je sais, je n’ai qu’à faire l’IEF si je ne suis pas contente (ou pour être exacte, si je ne veux pas jouer à la Roulette Russe avec le bien être, le cerveau, l’avenir de mon enfant, car il est indéniable qu’il existe aussi des perles, j’en connais d’ailleurs quelques unes qui se battent pour tenter de remuer le mammouth!)… Mais! C’est ce que je fais, et j’aimerai juste qu’on me laisse le faire en paix!

Et pendant ce temps, cette année dans mon département, les classes de CP des écoles publiques ont eu tellement d’absentéisme non remplacé (en Avril ils en étaient à 4 mois pleins sans compter les vacances!) que les enfants arrivent en CE1 sans savoir lire (mais ils y vont quand même, pour eux, pas de contrôle, passage automatique à la classe suivante -que c’est commode d’avoir banni le redoublement- et encore moins de sanctions pour l’instructeur ou l’établissement en cas de manquement… Nul doute qu’une bonne partie de ces enfants, incapables de suivre l’année suivante, seront peu à peu « perdus » en route et iront grossir les rangs des illettrés et autres décrocheurs qu’on déplore à 17 ans, mais tout va bien : ils sont à l’école!).

Et pendant ce temps un prof ou un instit peut refuser d’être inspecté (quand à espérer qu’il le soit une fois par an comme nous, alors là : ha-ha!), alors qu’il s’occupe d’un peu plus d’enfants que nous autres, avec un peu moins d’implications pour lui-même, autre que sa conscience, quand au résultat attendu (et puis après tout, la plupart, ils vont voir l’enfant, allez, dix mois dans toute une vie?). Mais soyons honnêtes, à part à avoir un IEN en or (ils existent!), qui comprenne les pédagogies alternatives et encourage les initiatives, ce serait une véritable malédiction que de les y forcer (pour les bons…). Le travail est à faire en amont pour que l’école change en bien (Aller, j’ose : En commençant par avoir un ministre compétent en la matière?).

Où est l’égalité de traitement?

Si les parents vont voir ailleurs, il faut assurément « s’inquiéter » pour leurs enfants, et sortir des mesures « coup de poing » pour stopper l’hémorragie. Parce que bon, appelons un chat un chat, quand on vous dit qu’on s’inquiète de l’augmentation du nombre, et quand on vous sort des mesures longues comme le bras pour rendre les contrôles toujours plus coercitifs et intrusifs, on peut vous l’emballer dans 3kg de papier cadeau du style « faciliter le dialogue », il n’empêche que le but, c’est juste de décourager au possible tout risque de « dérive », et que les parents, de guerre lasse, consentent à mettre leur progéniture sous le contrôle la houlette « bienveillante » de l’école publique. Et ceux qui résistent, ma foi, ils seront de fait sous contrôle obligés de se soumettre aux plannings de l’école, de faire « comme à l’école », et contrôlés, contrôlés, contrôlés, même pour un seul enfant, plus que ne le sera jamais un enseignant dans sa carrière.

Si les parents vont voir ailleurs, forçons les à ne pas aller ailleurs au lieu de regarder ce qui pourrait les attirer, ou à l’inverse les fait partir, ça c’est une idée! Quand aux écoles « hors contrat » qui auraient l’idée de se créer, dégouttons-les au point qu’ils lâchent l’affaire et passent « sous contrat »… RIEN ne peut être de la faute de l’EN! Et même si on leur montre la Lune, ils continueront à regarder le doigt!

N’empêche, quelques chiffres, moi j’aime bien les chiffres…

80,7 % des jeunes Français et Françaises de 17 ans maîtrisent les apprentissages fondamentaux de la langue française. (donc, par extension, 19,3% de jeunes qui ne maîtrisent pas les fondamentaux en langue française).
Près de 10 % sont des lecteurs inefficaces. Pour une partie d’entre eux (4,3 % de l’ensemble), ces difficultés s’apparentent à un handicap. (Source :
http://www.education.gouv.fr/cid58761/les-evaluations-en-lecture-dans-le-cadre-de-la-journee-defense-et-citoyennete.html )

L’importance du choix des mots, comprenons bien que nous n’avons pas là 4,3 % d’enfants dont le handicap justifie l’impossibilité de comprendre ce qu’ils lisent, mais : des individus dont l’incapacité de lire représente un réel handicap.

Maintenant prenons les chiffres du gouvernement, toujours : (source : http://www.education.gouv.fr/cid103081/garantir-le-droit-a-l-education-pour-tous-les-enfants.html ) 82,7 % d’enfants en établissement public, 16,5 % d’enfants en établissement privé sous contrat avec l’EN, soit un total de 99,2 % des enfants, représentant 8035200 individus. 0,5 % d’enfants en établissement libre, 0,3 % en IEF (CPC inclus semble-t-il), soit un total de 0,8 % des enfants, représentant 64800 individus dont 24300 enfants en IEF.

Dans un premier temps, il est intéressant de constater qu’on ne peut certainement pas imputer les 19,3 % de jeunes à l’instruction « insuffisante » aux seuls établissements libres et à l’IEF, qui ne représentent même pas 1 % de la population ! (Nous noterons d’ailleurs l’absence totale d’études « officielles » concernant le taux de réussite de ces deux dernières catégories, ou une quelconque comparaison aux deux premières catégories! Je vais donc devoir me contenter d’une extrapolation en rapportant les chiffres des résultats globaux à tout le monde, de manière équitable, la différence d’échelle entre les deux groupes (de l’ordre de 1 pour 1000) étant suffisamment grande pour nous permettre de tolérer une éventuelle petite imprécision).

J’espère n’avoir perdu personne à ce stade? Allez courage, un effort, je vous fait tous les calculs, il n’y a qu’à lire les chiffres!

L’IEF et les écoles libres ne concernent que 0,8 % des 8,1 millions d’enfants, soit 64800 (soixante quatre mille huit cent) enfants en TOUT. Alors qu’il y aura, dans le même temps, potentiellement 10 % d’illettrés sortant de nos écoles dans les 10 prochaines années, soit 803520 enfants , et 9,3 % d’autres qui ne maîtriseront pas parfaitement les fondamentaux de la langue, soit environs 747274 enfants, soit un tout de 1550794 (un million cinq cent mille sept cent quatre-vingt quatorze) enfants qui recevront une instruction « insuffisante » ne serait-ce qu’en lecture, rien qu’à l’école… parmi ceux-ci, 4,3% seront réellement handicapés même dans leur vie de tous les jours : 345514 (trois cent quarante cinq mille cinq cent quatorze) anciens élèves de l’école publique ou sous-contrat avec l’EN! (Aux pointilleux qui me diront « holà malheureuse, tu extrapoles avec les chiffres de l’an dernier sur les dix prochaines années? », je répondrai : « Je pars du principe que les statistiques seront globalement les mêmes d’ici dix ans, vous noterez donc que je suis gentille avec l’EN, je pourrais aussi extrapoler avec la future baisse de niveau de la énième nouvelle réforme si vous préférez? -en histoire-géo ils ont encore décalé d’un trimestre je vous laisse deviner dans quel sens, et non, vous ne voulez pas que je vous parle du niveau de français des élèves de 5ème d’aujourd’hui qui n’atteint pas celui d’un CM2 des années 80…-« ).

Nous pouvons nous interroger, alors que sur dix ans, plus de 1 million cinq cent mille enfants en France quitteront les écoles sans avoir le bagage suffisant pour comprendre correctement ce qu’ils lisent (un contrat, une police d’assurance, etc), sur l’insistance de l’État à renforcer les contrôles pour moins de soixante-dix mille enfants instruits « différemment », dont moins de trente mille enfants en IEF, avec, si l’on se base sur les études menées à l’étranger, un résultat au moins aussi bon que celui de l’école, voire meilleur…

Au vu des problèmes rencontrés par l’État en matière de budget, on peut aussi s’interroger sur les moyens disproportionnés mis en œuvre pour contrôler avec assiduité un aussi petit nombre de familles et d’enfants, au détriment du plus grand nombre : En admettant que l’IEF produise 19,3% d’enfants qui n’auront pas eu « d’instruction suffisante » (comme l’école, donc! Or nous pouvons aisément nous attendre à ce que, à l’instar de toutes les études étrangères menées jusqu’ici on donné, l’IEF donne de bien meilleurs résultats statistiques, si on se donnait la peine de vérifier!) tout ce dispositif de contrôle, avec imposition de paliers et de tests « normés au format EN » en violation de tout choix pédagogique, concernerait donc la « protection » de 4690 (quatre mille six cent quatre-vingt dix) enfants, pendant qu’on en laisse sur le carreau, à l’école, non moins de 1550794 (un million cinq cent cinquante mille sept cent quatre-vingt quatorze) qui n’auront pas reçu d’instruction suffisante, et qui n’auront pas eu le droit à toute cette attention (mais tout va bien, dormez bonnes gens : ils sont à l’école!).

Bien que la lutte contre la radicalisation ne soit pas mise en avant dans certains des textes, il est évident à en lire quelques autres (et en écoutant nos élus) que le combat contre la radicalisation fait partie des raisons de ce “focus”, choix d’autant plus discutable (si les chiffres ne suffisaient pas!), puisqu’à l’heure actuelle, aucun des terroristes ayant sévi dernièrement n’étais issu ni d’une école libre ni de l’IEF, mais bel et bien des bancs de l’école publique (avec parfois en cadeau bonus un suivi assidu des services sociaux, ou un petit séjour dans un établissement pénitentiaire, qui à n’en point douter a eu l’effet préventif ou dissuasif escompté). J’ai noté au passage que pour ouvrir un établissement « libre » il faudra être ressortissant Européen? Il n’y a que moi que cette mesure a fait bondir? (Au fait, tous les terroristes étaient parfaitement Français… ha non pardon, y’avait aussi un Belge… oups! Ils étaient tous Européens quoi!).

De plus, l’inquiétude du ministère devant l’ « augmentation » du nombre d’élèves en école libre et en IEF, et sa réaction disproportionnée de “serrage de vis” vis à vis de ces derniers, laisse songeur :
QUID du fait qu’ils ont “oublié” que les chiffres n’ont pu qu’augmenter puisqu’ils ont arbitrairement inclus les cours par correspondance dans les chiffres de l’IEF, alors qu’ils étaient considéré comme une scolarisation (et le sont toujours, en témoignent les certificats de scolarité qu’ils délivrent!)?
QUID des parents d’enfants « différents » que l’école ne peut/veut pas prendre en charge, et qui par la même viennent gonfler considérablement « nos » effectifs?
QUID de s’interroger, non de l’engouement « soudain » pour des méthodes alternatives, mais à l’inverse tout simplement du fait que l’école ne suit absolument pas les diverses études scientifiques sur l’apprentissage et le fonctionnement du cerveau, ni les méthodes « qui marchent », certaines depuis plus d’un siècle, créant de plus en plus de « dys » et d’enfants en souffrance, qui viendront rejoindre les rangs des précédemment cités?
QUID de crier de manière alarmiste au feu, alors que ces mêmes écoles libres et IEF ne représentent même pas 1% des enfants en âge de la « scolarité obligatoire » là où, dans les pays anglo-saxon, l’IEF seul se rapproche plus des 3% et les écoles « libres » franchement encouragées? Alors que leur augmentation « exponentielle » est en réalité une augmentation « linéaire » qui n’a strictement rien d’ « affolant » dans le contexte actuel (PISA qui dégringole, augmentation des faits divers, ateliers du dégoût en tête, réformettes, réforme de l’orthographe, rythmes ahurissants, méthodes dangereuses pour le cerveau -méthode globale!-…) et surtout, surtout RIEN à voir avec un quelconque épouvantail du style « radicalisation » ou le moindre rapport avec certaines actualités… OK je vous l’accorde, certains le font pour raisons religieuses (parce qu’un prophète leur a écrit que s’occuper d’instruire son enfant c’est bien… heu… ça vous choque???)… Ha oui il y a aussi les catholiques qui ont bondi face à la théorie du genre… Maman Vulpin n’adhère pas forcément à toutes les raisons mais maman Vulpin part du principe que la LIBERTÉ ça commence par admettre que tout le monde n’ait pas la même opinion que soi-même…
QUID, tout bêtement, du fait que le droit à une alternative, malgré la propagande d’état, commence tout simplement, tout bêtement, à se savoir, à se propager dans les médias, créant des « vocations »? (Maman Vulpin a découvert il y a un peu plus d’un an que l’école n’était en fait pas obligatoire! Combien le croient encore?)

Maman Vulpin n’était pas très bonne en « histoire-géo » quand elle était jeune (tiens, d’ailleurs personne n’est venu tracasser ses parents pour son manque d’appétence pour cette matière, ha mais oui bien sur : Elle était à l’école, tout va bien!), mais tout de même : QUID d’un pays qui sans en avoir l’air, veut avoir la mainmise TOTALE sur l’instruction et l’éducation (et qui confond les deux!) de NOS enfants? Nous avons des exemples, dans le monde ou dans l’histoire, et je ne pense pas spécialement qu’ils soient à suivre, ou qu’ils augurent du bon…

QUID d’un pays où l’on pointe des minorités (religieuses, ethniques, culturelles) histoire que le peuple focalise dessus, et ne voie pas le reste, l’énorme reste, à côté?

France, toujours pays de la Liberté?

Note : Je ne puis éditer mon billet avec les chiffres de 2016 (un problème technique les rend inexacts nous signale le ministère), il restera donc avec ceux de 2015 en attendant mieux…

Liberté!

Pour certains parents « IEFeurs » le réveil a été douloureux jeudi 5 Mai… Sur la toile fleurissaient des messages indignés concernant une proposition de loi : N°3704 du 27 avril 2016 (oui il a fallu quelques jours pour que l’alerte soit lancée…).

Oui je sais, une proposition de loi c’est indigeste à lire, mais si vous êtes parents IEF ou qui songe le devenir, directeur d’école alternative, directeur de CPC, parents d’enfant que vous avez déscolarisé à cause d’un trouble qui ne relève pas d’une mise en structure adaptée (DYS, phobie scolaire…), parent d’enfant handicapé, même seulement PARENT désirant conserver sa LIBERTÉ de choix concernant ses propres enfants, ainsi que le droit de transmettre votre religion, culture… ou même simplement CITOYEN tenant à vivre dans un pays libre, vous êtes concernés!

Pour les flemmards, petit résumé des magnifiques, fabuleuses idées, même, de cette proposition de loi, actuellement en première lecture : Comme nous le savons tous, les récents attentats ont été commis par quelques abrutis qui ont fréquenté une école alternative musulmane (oh merde non!), heu pardon, ils ont été instruits en famille (ha mince toujours pas!), hum, pardon, ils sont tous allé à l’école publique… (bien essayé, Mr. Ciotti…), DONC (ne nous démontons surtout pas, quitte à raisonner par l’absurde pour ne surtout pas chercher les dysfonctionnements où ils se trouvent, allons jusqu’au bout!) pour lutter contre la radicalisation, il faut :

* interdire l’IEF sauf cas particuliers. Adieu la liberté de choix d’instruction, bye bye les droits de l’Homme, de l’Enfant, les conventions Européennes et tout et tout. On notera au passage que les enfants relevant d’un handicap DOIVENT aller dans des structures adaptées, l’IEF n’étant accordé qu’à titre temporaire dans l’attente d’une place, donc cela sous entend bien, nous sommes bien d’accord, que vous, parent d’un enfant handicapé, DEVREZ justifier du fait que vous êtes en train d’attendre cette place, donc obligation d’en faire la demande (il n’y a que moi que cette perspective fait frémir?)… Point d’autre option pour les familles, et rester en famille pour un enfant handicapé deviendra illégal pour peu qu’on ait trouvé à le caser dans un centre fermé à 800km de chez lui… La mise à l’index des handicapés ça me rappelle vaguement un truc…

* Renforcer le contrôle de l’État sur l’Éducation (non plus l’instruction, notez bien : « d’aucune influence idéologique ou politique contraire aux valeurs de la République ») de nos enfants! … non mais vraiment, le contrôle de la pensée, avec sanction si les parents ne transmettent pas les « bonnes » idées, ça me rappelle un truc, je l’ai sur le bout de la langue…

* Soumettre les écoles alternatives à des contrôles renforcés (alors « renforcés » j’ai du mal à imaginer, puisqu’ils sont déjà contrôlés, remarquez si les inspecteurs s’intéressaient plus au fond qu’à la forme, plus à ce qui est enseigné qu’à savoir si le dernier enfant de quatre ans à être passé aux WC a reposé le rouleau de PQ sur le sol au lieu de l’étagère -OUI, je suis SARCASTIQUE, j’ai le droit, je suis un poil énervée. Je vous avais prévenu, la mauvaise herbe ça peut aussi dire des gros mots et faire ch... être enquiquineuse!-), et surtout!!! On y vient! Soumettre leurs ouverture à AUTORISATION! Bon, on passera sur tous les problèmes rencontrés dans les départements où cela se fait déjà, mais surtout, quels seront les critères? Vu l’odeur du reste de ce texte de loi je doute qu’ils seront totalement « objectifs », je crois que la liberté de culte en prend un petit coup, celle de transmettre sa religion et ses valeurs aussi, et puis il faudra que le commissaire politique (oups pardon mauvaise époque…quoique) l’inspecteur approuve les valeurs de la République dispensées (reste à savoir, question d’interprétation, ce que seront ces « valeurs » : « vote et tais toi » « que je suis content d’être un gamma »?)… Je ne suis pas musulmane et mon enfant ne fréquente pas d’école libre, mais comme dans un certain poème, je n’ai pas tellement envie non plus de ne rien dire tant qu’ils ne sonnent pas à MA porte… HA ça y est je sais ce que ça me rappelle!!! D’ailleurs, le chef de ce charmant gouvernement avait lui aussi rendu l’école obligatoire! Il avait aussi une religion dans le collimateur qu’il rendait responsable de tous les maux… Non non je n’ai pas encore franchi le point Godwin, je n’ai pas dit « NAZI » ni « HITLER »… OUPS! Ha ben si… oui mais bon, comme dit si bien Poule ou coq, c’est Ciotti qui a commencé!

* Au fait, au passage, les CPC peuvent aller pointer au chômage : le peu de familles qui auront droit à l’IEF (en admettant qu’elles soient suffisamment nombreuses encore pour faire vivre un CPC) seront très certainement, on peut l’imaginer aisément, orientées vers le CNED par ceux-là même qui distribueront, avec parcimonie, le précieux sésame… Vous en imaginez beaucoup orienter vers « la concurrence », vous?

Poule ou coq a déjà bien cerné le problème, je vous invite à lire sa prose… Je n’aurais pas dit mieux! (PS : le « point godwin » qu’elle ne s’inquiète pas, enfin si, y’a de quoi s’inquiéter justement : c’est que je n’en connais pas un seul qui ait lu cette loi qui n’ait pas fait le parallèle!).
A l’école des herbes folles a aussi fait un article bien salé sur le sujet.

Quand à moi, je vous invite à signer nos pétitions, parce que c’est de notre devoir de nous lever pour refuser qu’on fasse n’importe quoi avec nos libertés (déjà que bon, leurs abus de 49.3 on pourrait en parler longuement, mais ceci est une autre histoire) et que non, les amalgames nauséabonds, ça ne se laisse pas passer!

Contre la proposition de loi n°3704 du 27 avril 2016

Stop aux amalgames

Même si cette loi à peu de chances de passer (quoi que on ne sait jamais!), si elle passe ce sera la fin de l’état de droit et la preuve que nous avons basculé dans le totalitarisme (négation, rien que ça, des droits de l’Homme, des droits de l’enfant, des conventions Européennes, et j’en passe, il y en a trop de bafoués pour que je me les rappelle tous…), quand au mot « liberté » il faudrait alors songer à l’enlever de nos frontons…Quand je pense qu’ils ont osé (on sait à quoi on les reconnaît…) mettre, sans perdre une dent : « Dans un État de droit » dans ce torchon!

Il est effrayant qu’on puisse seulement avoir songé à la proposer, cette loi inique!